“On ne cherche pas la violence, on la subit”, le combat de Nora Fraisse contre le harcèlement scolaire

720 000. C’est le nombre d’élèves qui seraient victimes de harcèlement scolaire sur les 12 millions scolarisés selon un rapport sénatorial de 2021. Si ce chiffre vous fait froid dans le dos, il ne faut pas oublier les jeunes pour qui la souffrance est si grande que ils décident de mettre fin à leurs jours.

Parmi eux, il y a Marion Fraisse qui s’est suicidée en 2013 à cause du harcèlement qu’elle a subi au collège. Sa mère Nora, qui a écrit le livre Marion, 13 Years Forever, s’est donnée à mission de mettre fin à ce fléau. En ce jour de lutte contre le harcèlement à l’école, Oh! mon mag l’a rencontrée. Une interview à découvrir en tête d’article.

Dire non à l’intimidation

Si le sujet du harcèlement scolaire est de plus en plus mis en avant, c’est en grande partie grâce au travail de Nora Fraisse. Elle est à l’origine de l’associationMarion la main tendue, première organisation française sur le sujet. Celui-ci se propose de former et d’éduquer les enseignants, les parents et les élèves de la maternelle. Elle travaille également avec le gouvernement pour en faire un sujet majeur de la présidence.

Nora Fraisse aimerait voir le création d’un ministère dédié aux enfants qui prendrait de front le harcèlement scolaire. Car ce sujet est de plus en plus vaste, notamment avec les réseaux sociaux et le revenge porn par exemple. La création de cette entité permettrait de développer une stratégie à grande échelle afin de limiter au maximum le phénomène voire de l’éradiquer. Et cela nécessite une éducation et des moyens financiers pour pouvoir agir sur le terrain.

Signes de harcèlement scolaire

Comme l’explique Nora Fraisse, le harcèlement scolaire est toujours caché par ceux qui en sont victimes, mais aussi par les agresseurs. Il est donc très compliqué de le détecter. Pour l’activiste, l’important est de détecter les “signes faibles”. Il peut s’agir de changements de comportement ou d’habitudes.

« Est-il toujours invité aux anniversaires ? » Est-ce qu’il commence à dormir alors qu’il ne dormait pas avant ? A-t-il des insomnies ? A-t-il mal au ventre ? », explique Nora Fraisse.

C’est pourquoi, lorsque vous parlez à votre enfant, il est important de poser des questions sur sa journée. Mais l’enjeu n’est pas seulement de savoir si celui-ci était bon. Il faut se poser des questions comme : ” Avec qui as-tu joué ? Faites-vous partie d’un groupe? “. Toutes ces stratégies peuvent aider à débloquer une situation anormale.

Si un enfant est victime d’intimidation à l’école, la prochaine étape consiste àécouter et surtout lui dire que ce n’est pas de sa faute. ” Nous ne cherchons pas la violence, nous l’endurons », souligne Nora Fraisse. Il est donc essentiel de montrer à la victime qu’elle n’a pas à rougir. Depuis plusieurs années, elle parcourt les écoles pour que ce message soit entendu. Et elle n’a pas l’intention de s’arrêter là.

Si vous avez été victime ou témoin d’intimidation à l’école, vous pouvez trouver des ressources au 3020, la hotline du gouvernement.

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