Marre des critiques, de son équipe, de son président… Pourquoi Zidane lâche-t-il le Real ?

Zinedine Zidane lors de son retour au Real Madrid en mars 2019. — AFP or licensors
  • Le Real Madrid a annoncé ce jeudi que Zinédine Zidane avait décidé de quitter son poste d’entraîneur.
  • Revenu en 2019 après un premier départ, le coach français avait remporté la Liga quelques mois plus tard, avant d’échouer à glaner le moindre trophée cette saison. 
  • Son départ n’est pas une surprise, alors qu’on le sentait depuis plusieurs mois lassé des critiques incessantes et agacé par le manque de soutien de ses dirigeants, qui n’ont pas réussi à renforcer l’effectif comme il le souhaitait. 

Cette fois, son départ était plus attendu. Pas comme il y a trois ans presque jour pour jour, quand il avait pris tout le monde de court en annonçant qu’il vidait son casier à Valdebebas alors que la fête pour la troisième Ligue des champions d’affilée n’était pas encore terminée.
Zinédine Zidane n’est plus l’entraîneur du Real Madrid. Il a rencontré son président Florentino Perez ce jeudi, et les deux parties ont convenu que Chichou n’honorerait pas sa dernière année contrat à la Maison Blanche. Une décision qui s’explique assez facilement, si l’on se donne la peine de suivre les indices laissés par le Français tout au long de ces derniers mois.

Marre d’être critiqué tout le temps

C’est la loi du contexte médiatique espagnol, où encore plus qu’ailleurs en Europe, vous pouvez vous faire encenser puis démolir quasiment dans la même journée. Génie absolu après le gain du titre la saison dernière, malgré les blessures de Hazard, les boulets Bale et James et des cadres vieillissants,
Zidane est devenu un bon à rien même pas six mois plus tard, quand il a eu le malheur de perdre deux matchs de suite face à Alaves puis le Shakthar Donetsk début décembre. « C’est comme ça, ça ne changera jamais », répondait-il alors, ne cherchant pas à cacher sa lassitude.

En avril, après sa victoire dans le Clasico, il préférait manier l’ironie. « Je ne dois pas être un entraîneur si désastreux », disait-il, petit sourire en coin. Zidane a toujours dû faire avec cette étiquette de coach chanceux qui devait ses succès à son aura plus qu’à ses mises en place tactiques. Finalement, il n’aura connu qu’une seule défaite toutes compétitions confondues depuis février, mais synonyme d’élimination en demi-finale de la Ligue des champions face à Chelsea. Et comme l’Atlético n’a rien lâché pour le titre en Liga… On a hâte de lire ce que pense l’Espagne de son successeur avec une équipe qui ne devrait pas être sensiblement renforcée cet été.

Marre de son équipe de vieux

On ne sait pas s’ils sont de bonne foi ou s’ils font exprès parce que ça les amuse, mais les médias espagnols ont toujours tapé sur Zidane sans se soucier du contexte, à savoir qu’il devait faire avec un effectif indigne du standing du Real. Le seul gros achat ces dernières années ? Eden Hazard, avec
le succès qu’on connaît. Et miser plus de 110 millions d’euros sur Jovic et Militao n’était pas forcément l’idée du siècle. A l’inverse, Pogba, le seul joueur vraiment réclamé par Zidane, n’est jamais venu. Ferland Mendy oui, et son apport a été correct, mais il ne peut tout effacer tout seul.

Résultat, ce sont toujours Modric, Casemiro, Kroos et Valverde qui tiennent l’équipe, mais ils n’ont plus leur rayonnement d’antan. En attaque, heureusement que Benzema a été exceptionnel car il a dû se débrouiller tout seul comme un grand, pas aidé par les intermittents Rodrygo, Vinicius et Asensio. Le problème est que ça ne devrait pas beaucoup changer cet été. Les finances du Real sont dans le rouge, à cause du Covid mais pas seulement. La venue de Mbappé, qui aurait peut-être pu changer la donne, s’annonce plus qu’incertaine. On imagine que Zidane estime avoir fait le tour avec cet effectif, et plutôt dix fois qu’une.

Marre de Florentino Perez ?

Vivre au quotidien avec Florentino ne doit vraiment pas être de tout repos. Le boss du Real, qui estimait son Chichou « béni des dieux » l’été dernier et assurait qu’il voulait le garder « encore pour longtemps », n’est sensible à rien d’autre qu’aux trophées. Et quand ça tourne mal, il préfère apparemment lâcher des petites vacheries à la presse en off plutôt que de soutenir son coach, même si c’est celui qu’il a supplié de revenir quelques mois plus tôt.

Les difficultés du club cette saison ? Un problème avec la préparation physique orchestrée par le staff, estime par exemple Perez. Selon la Cadena COPE, le point de non-retour aurait été atteint en décembre dernier, lorsque le président aurait laissé entendre que Zidane ne survivrait pas à une élimination en C1. Une menace qui a fini de convaincre le Français qu’il avait fait son temps à Madrid, même si son intime conviction est plus ancienne. « Je ne le vois pas rester encore très longtemps au Real, nous disait le journaliste le plus intime de la star, Frédéric Hermel, dès la fin 2019. Cette saison, la prochaine, et voilà. Parce que c’est épuisant. » Bingo Fredo.

Un autre projet ?

Andrea Pirlo le sait déjà, il n’aura pas droit à une seconde saison à la tête de la Juventus après avoir abandonné le titre de champion qui appartenait au club turinois depuis dix ans. Zidane pourrait-il prendre le poste vacant ? Ceux qui le connaissent savent qu’il n’y a que ce projet, dans un club qu’il connaît par cœur, qui pourrait le faire replonger. Ça ne devrait toutefois pas être pour cette fois, la presse italienne se montrant unanime ce jeudi pour annoncer le retour d’Allegri sur le banc turinois. Pas grave, l’ancien numéro 21 de la Juve n’est pas pressé. Une petite pause d’un an et demi avant de prendre la succession de DD à la tête de
l’équipe de France à la suite de la Coupe du monde 2022, c’est pas mal aussi, non ?

Karim de retour chez les Bleus, plus belle la sortie

Zidane n’a pas gagné de titre cette saison, certes, mais en ne lâchant jamais Benzema, il a sa part dans le retour de KB9 chez les Bleus – même s’il a nié toute implication directe dans le rapprochement avec Deschamps. Son émotion quand il a vu que son attaquant faisait partie de la liste pour l’Euro n’était pas feinte. Alors oui, cela n’a rien à voir avec sa décision, mais il peut partir avec le sentiment du devoir accompli.



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