Fiame Naomi Mata’afa, féministe et écologiste, a été « investie » Première ministre lors d’une cérémonie improvisée

Fiame Naomi Mata’afa lors de son assermentation en tant que Premier ministre des Samoa le 23 mai 2021 – Anetone Sagaga / AP / SIPA

Fiame Naomi Mata’afa, la première femme en train de prendre la tête du gouvernement samoan, a été “investie” en tant que Premier ministre lundi lors d’une cérémonie impromptue dans les jardins du Parlement, après s’être vu refuser l’accès au bâtiment. par le pouvoir sortant, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Cet «assermentation», qui risque d’être contesté devant les tribunaux, intervient après six semaines d’une impasse politique et juridique qui a suivi les élections très disputées du 9 avril.

Au pouvoir depuis 22 ans, Tuilaepa Sailele Malielegaoi a perdu le scrutin mais a refusé à ce stade de céder le pouvoir, au point que certains appellent à un coup d’État.

La Nouvelle-Zélande et l’Australie ont appelé au calme et ont exhorté l’archipel du Pacifique à respecter l’état de droit.

Serment dans le jardin

Accompagnée de juges chargés d’assister à son assermentation pour devenir la première femme Premier ministre, Fiame Naomi Mata’afa s’est vu refuser l’entrée dans la chambre de l’Assemblée législative. Le secrétaire de l’Assemblée législative est sorti pour s’excuser, affirmant que, par ordre du chef de l’Etat Tuimalealiifano Vaaletoa Sualauvi, il ne pouvait pas permettre au Parlement de siéger.

Tenues à l’extérieur de la salle, Fiame Naomi Mata’afa et sa délégation parlementaire sont restées des heures sous un grand chapiteau dans les jardins, tandis que leurs partisans scandaient des slogans. Les élus ont finalement prêté serment un à un lors d’une cérémonie qui, malgré son emplacement inhabituel, avait toutes les caractéristiques d’une investiture officielle. Sa légalité a été immédiatement contestée par les opposants au Premier ministre élu.

De la querelle politique au coup d’État

Le Samoa est devenu indépendant en 1962, après près d’un demi-siècle sous le statut de protectorat néo-zélandais. À l’exception d’une courte période de coalition en 1986-1987, le Parti pour la protection des droits de l’homme (HRPP) de Tuilaepa Sailele Malielegaoi préside aux destinées du pays depuis 1982.

Fiame Naomi Mata’afa, chef du parti FAST, est la fille du premier Premier ministre samoan décédé en 1975. Elle est considérée comme une pionnière de la cause des femmes dans l’archipel très conservateur et très religieux, majoritairement protestant.

Auparavant, elle appartenait à HRPP et était même l’adjointe de Tuilaepa Sailele Malielegaoi jusqu’à ce qu’elle se brouille avec ce dernier sur des divergences politiques.

Elle est largement reconnue à l’étranger comme une voix dans la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes et comme une militante engagée contre le réchauffement climatique.

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