un village 100% autogéré, sans chômage, avec logements gratuits et très peu de policiers

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Ce village est le rêve de tous ceux qui aspirent à un territoire démocratique et civique. Découvrez Marinaleda, un village 100% autogéré de Séville, avec peu de policiers, presque pas de chômage et le logement est gratuit. Un monde à part, loin du système capitaliste.

Cela s’appelle une utopie mais c’est bien réel. Le nom de ce paradis perdu? Marinaleda, un village qui attire ceux qui aspirent à une vie loin de l’individualisme. Relayé par nos collègues de France Inter, cette île politique est hors du temps.

Un territoire gagné par la contestation

Si aujourd’hui le village de Marinaleda existe depuis plus de 40 ans, créer cette utopie qui semble folle n’a pas été une tâche facile. Avec ces 2700 habitants, ce lopin de terre est régi par une démocratie participative où chaque citoyen a son mot à dire dans la gouvernance. Ce territoire a d’abord appartenu à un grand propriétaire agricole et ami proche du roi. Cependant, dans les années 1980, les travailleurs se sont révoltés pour récupérer les terres qu’ils cultivaient. «La tierra para el que trabaja» La terre sur laquelle elle travaille, était le slogan qu’ils ont scandé lors de leurs manifestations pour créer cette utopie effectivement concrète. Résultat: 12 ans plus tard, les 1200 hectares de terre appartiennent à ceux qui les ont cultivés. Ici, chacun a son propre potager et est totalement autonome.

Manolo a été l’un des pionniers de l’aventure Marinaleda. Source: Radio France / Isabelle Labeyrie

“La guerre sociale contre le capital”

Dans ce village, tout est pour tout le monde. Nous pouvons voir des champs prospères exploités de manière coopérative. Pas de patron, et un salaire commun versé à tous les agriculteurs, à savoir 1250 euros par mois. Le mot «utopie» apparaît régulièrement sur les murs de Marinaleda, pourtant ces habitants ont rendu cet idéal possible. De nombreuses références communistes sont gravées dans les sites de ce village comme une rue appelée Che Guevara et une fresque où est inscrite la devise: “La guerre sociale contre le capital”. A juste titre, puisque ni le pouvoir de décision ni les fonds financiers n’appartiennent à une élite. Pour prendre les décisions majeures concernant la gestion de ce territoire 100% autogéré, des assemblées générales où les gens votent à main levée sur divers sujets, des taxes aux horaires de la piscine municipale. Un modèle radicalement différent des villes urbaines.

En entrant dans le village, vous pouvez lire: Marinaleda, en lutte pour la paix. Source: Radio France / Isabelle Labeyrie

Tout le monde se salit les mains

Tous les habitants participent à la pérennité de Marinaleda. Source: miroir

Les grandes puissances ont des responsabilités importantes. Cette idée séduisante implique que tous les habitants participent à la pérennité de Marinaleda. Le dimanche rouge, tout le monde doit nettoyer la rue sur une base volontaire, et cette responsabilité va encore plus loin. Pour éviter la spéculation immobilière, les résidents construisent leur propre maison avec l’aide de la mairie du village avec une contribution de 25 000 euros par mois. Résultat: le loyer est de 15 euros par mois. Une ville particulièrement adaptée à ceux soucieux d’économiser de l’argent depuis le le stress financier peut vous rendre malade.

“Remettre l’humanité au cœur de l’économie”

Juan Manuel Sanchez, maire et défenseur de Marinaleda. Source: miroir

Telle est la devise de Juan Manuel Sanchez, l’un des premiers de la révolution anti-franquiste. Maire depuis plus de 40 ans, il est le défenseur le plus infatigable de l’utopie de Marinaleda. Cependant, le fervent communiste n’est pas très optimiste pour l’avenir du village 100% autogéré. Et il en est en partie responsable puisque plusieurs citoyens ont voulu tourner cette page historique en raison de sa personnalité autocratique. Une limite à ce rêve communiste qui n’a pas d’avenir radieux devant lui. «Certains jeunes trouvent normal de payer 15 euros par mois. Ils ne voient pas pourquoi ils devraient s’impliquer dans la préservation de ce modèle », analyse l’élu qui ne s’offusque pas de ces nouvelles générations. “Qu’ils quittent le village et se rendent à Madrid, Barcelone, Séville, ils s’en rendront compte”, se rebelle-t-il.

L’enthousiasme des Français

Marinaleda n’a pas seulement séduit les ouvriers de Séville. Cet El Dorado du «tout est pour tout le monde» a suscité la curiosité des intellectuels et des nostalgiques du régime. Le plus étonnant? Les Gilets jaunes ont également fait un détour par le village utopique aux figures économiques enviables. Francis Banchet, militant de la gauche radicale française est enthousiaste: “Bien sûr, ils peuvent s’en inspirer”. Cet engouement ne semble pas déranger le maire qui s’amuse par cette curiosité de tous les pays. «J’en ai encore qui viennent en avril, je ne sais même pas de qui il s’agit mais je leur souhaite la bienvenue quand même», rigole celui qui nous assure que le modèle Marinaleda peut être appliqué dans tous les pays. Un village qui fait plaisir et qui prouve que le matérialisme rend toujours insatisfait et frustré.